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Ce blog étant encore en phase de rapatriement, certains voyages sont incomplets. Si vous désirez consulter ces carnets, vous pouvez, pour le moment, y avoir accès sur l'ancien site http://www.planete-montagne.fr/. Bonne route...

jeudi 29 août 2002

Bibliothèque - Récit de montagne: Tragédie à l'Everest

Tragédie à l'Everest de John Krakauer (Réédition)
Prix indicatif: 8.10 € - Cliquez sur l'image pour l'acheter


Mon avis sur ce livre


Un drame en 1996 sur la plus haute Montagne du Monde, raconté de l'intérieur, par un journaliste envoyé du magazine outside.

Un témoignage fort et profond qui met en lumière les souffrances et les rêves de ces alpinistes mais aussi les rouages d' une certaine exploitation du Mont Everest. Magistral !

jeudi 15 août 2002

Pérou, cinq semaines sur les cîmes

Après quelques mois de recherche de financement, nous partons à trois pour le Pérou avec pour objectif de gravir quelques sommets situés dans le nord du pays. Récit et photo des ascensions du Nevado Pisco (5752 m), de l’Inshinca (5545 m ), du Tocllaraju (6035 m) et du Chopicalqui (6352 m )- Cordillère Blanche.
  
13/07/2002
Comme prévu, nous avons décollé peu avant 8 heures d'Orly et après 2 h de vol en compagnie de DSK et d'Anne Sinclair (!), nous avons atterri à Madrid. Après 3h d’attente, nous avons enduré 12 h de vol pour Lima...  Si vous voulez un scoop, DSK (Dominique Strauss Kahn) et Anne Sinclair sont au Pérou... 
Après un trajet musclé, nous sommes arrivés à l’hôtel pour une courte nuit non réparatrice (moins sept heures de décalage)...
14/07/2002
Réveillés à trois heures (décalage horaire), nous avons pris le bus pour Huaraz...
Se sont enchaînés sur la Panaméricaine, favelas, côte pacifique, désert, jusqu'à ce fameux virage à droite ( Huaraz 200 km) et la remontée de le vallée qui nous mènera quatre heures plus tard sur les hauts plateaux de l'altiplano à plus de 4000 m d'altitude.
Les lacets , les précipices , le tout avec croisements de camions étaient à l'honneur... Après plus de huit heures de bus, nous sommes arrivés à Huaraz , Chamonix local made in Pérou, à 3100 m d'altitude...




15/07/2002

Première journée de repos avec à l'ordre du jour: REPOS, formalités, essence, alimentation, et folklore...


Nous partons demain pour environ dix jours sur les pentes du Pisco ( 5752 m), pour parfaire notre acclimatation...  Rendez-vous dans une bonne dizaine de jours... 
16/07/2002

Départ de Huaraz vers 6h00 du matin, en collectivo (taxi collectif grand comme un Renault espace). Nous prenons la direction de Yungay mais petit à petit le collectivo se remplit... A Yungay, nous sommes vingt-quatre à l'intérieur ( ! ) sans compter le chauffeur!    Nous devions descendre à Yungay pour prendre un autre collectivo mais les chauffeurs insistent pour nous conduire aux Lagunes de Llanganucco... Cela nous semble bizarre mais face à leur bonne humeur communicative, on ne se méfie pas assez... 
Deux heures de piste chaotique plus tard, le chauffeur nous dépose à bon port...
Par contre, le prix à changé, il s'assied à côté de nos sacs et ne veut pas nous prendre les 15 soles ( 4.5 Euros) prévus mais nous en demande 100 soles, puis 120 ! On s'en sort pour 110 soles, on s' est fait avoir ! 
Il nous en faut plus pour nous déstabiliser, après dix minutes de marche, nous arrivons au premier camp à 3900 mètres d’altitude: magnifique ! Notre camp domine discrètement les eaux bleutées des lagunes écrasées par la puissance austère du Huascaran Nord. 




17/07/2002

Montée difficile (35 Kilos sur le dos) au camp 2 à 4330 mètres d’altitude, nous finissons complètement déshydratés... Nous pensions trouver un endroit pour bivouaquer vers 4200 m mais ce fut impossible... 
Le bivouac est cependant très agréable mais nous avons mis 1h15 pour trouver de l'eau !
Les premiers maux de tête se font sentir mais rien d'alarmant, nous avons de plus, une vue magnifique sur la face sud du Nevado Pisco ( 5752 m ), l'objectif de notre dizaine. 
 
 




18/07/2002

Départ matinal pour le camp de base du Pisco ( 4615 mètres ).
Après 3 h de marche nous y parvenons, seules deux expéditions occupent les lieux: 2 français et 13 espagnols. 
Avec Frédéric, nous allons marcher 1h30 vers 4800 m, espérant ainsi apercevoir l'itinéraire du lendemain qui doit nous mener au camp moraine ( 4950 m ). Nous avons une superbe vue panoramique sur les Huandoy ( 6394 m ), le Chopicalqui (6354 m ), le Huascaran sud ( 6768 m ) et sur le camp de base où nous tentons d'apercevoir Gatien... 




Nous rencontrons des américains qui nous disent qu'une énorme crevasse barre l'accès au sommet du Pisco : nous verrons bien... 
Dans l'après Midi, nous avons une visite surprise de notre guide ( pour la suite ) et de notre contact français : Marc Masconi, qui étaient lui aussi au camp de base...
Nous discutons un long moment, ils semblent très passionnés et professionnels.
La journée se termine comme toujours par une partie de carte ( le jeux de cartes est un élément indispensable à la réussite d'une expédition...) 

19/07/2002

Objectif de la journée: rejoindre le camp moraine ( 4950 m )... Le cheminement est paraît-il difficile à trouver et laborieux. 
Imaginez un espace grand comme quarante terrains de foot, jonché de rochers entre lesquels se frayer un chemin relève parfois plus de l'escalade que d'une simple marche d'approche. 
Le poids des sacs, l’altitude et la déshydratation nous imposerons nombre de pauses...
Nous croisons deux français d'Orsay (!) qui nous dépannent en eau (merci encore) et qui nous assurent que le camp n'est plus qu'à 30 minutes. 



Cinq heures alors que nous pensions en mettre trois ! La vue que nous avons de notre camp est époustouflante… 
Nous montons le camp, Marc et notre guide, nous rendent une seconde visite en redescendant du sommet, nous partageons un thé puis nous nous séparons.
Nous n'avons plus trop mal à la tête mais ma gorge me brûle et le soir je fais une petite poussée de fièvre. Notre trousse à pharmacie est complète, nous utilisons tous nos médicaments pour soigner les petits maux et l'aspirine pour nous éviter les maux de tête . 

20/07/2002

Je passe un très mauvaise nuit, le lendemain, la fièvre est tombée mais le mal de gorge persiste. 
Notre objectif est d'effectuer un portage jusque 5325 m, là où nous devons bivouaquer demain... Nous emportons donc environ 4.5 litres d'essence et une soixantaine de lyophilisés, ce qui devrait nous délester de 7 kg par personne pour le lendemain. 


Arrivés au col, Frédéric et Gatien vont cacher les sacs au pied d'un bras rocheux sur les flancs du Huandoy. La vue est splendide du col, le vent transperce, glace et fige.  Nous y sommes rejoints par une cordée composée d'un guide péruvien, d'un client américain et d'un client péruvien lui aussi... 
Ce dernier est mal en point et le guide nous demande si cela nous dérange de le redescendre au camp moraine (nous y redescendions)... Scandaleux de la part d'un guide d'abandonner son client mais comme nous redescendons, nous acceptons !
Arrivés en bas, nous discutons avec le client péruvien, nous lui faisons du thé, lui donnons de l'aspirine, mais il ne semble pas au mieux... Il vomit, son état s'arrange, le guide péruvien réapparaît quelques heures après et tous redescendent pour un repos bien mérité. 


Le soir, nous sommes toujours seuls à 4950 mètres, prêts à y passer notre deuxième nuit...
Les températures chutent vite en dessous de zéro, nous nous payons le luxe de faire un petit feu de camp... 

21/07/2002

C'est le jour où nous devons monter bivouaquer au col à 5325 m... Ma gorge ne va pas mieux ... A 10h30 nous sommes en haut, nous montons la tente et nous mangeons.



16h30 Gatien avoue ne pas se sentir bien, nous nous laissons 30 minutes pour prendre une décision, et nous préférons jouer la sécurité. Nous démontons, redescendons en vitesse et replantons la tente à 4950 m pour une troisième nuit à cette altitude... 
Un coup de chaleur, un coup d’altitude et un peu de panique nous ont fait pendre la décision de redescendre, nous ne sommes pas là pour prendre des risques.
Nous arrivons extenués au camp à 4950 m, 30 minutes avant la nuit, nous prenons une décision. Nous sommes très fatigués par ces nuits consécutives à près de 5000 m, nous nous affaiblissons et ne mangeons plus beaucoup : demain on tente le sommet et on redescend en cas de réussite... 

22/07/2002

Départ tardif vers 7 heures pour le sommet du Pisco, quatre heures de montée plus tard (et de souffrance , un peu), nous arrivons à la crevasse dont nous avait parlé les Américains.
Un petit assurage au piolet plus tard et la crevasse est passée dans des conditions de sécurité maximales  On ne voit pas le fond, au moins quarante mètres de vide et le pont de neige ne tient que d'un coté).






Le sommet nous tend les bras, encore 20 mètres et nous découvrons la vue magnifique du sommet du Pisco ( 5752 mètres ) sur la cordillère blanche et les contreforts de l'Amazonie. Nous sommes seuls au sommet et après 30 minutes de contemplation en plein vent ( -15 degrés ) nous redescendons au camp moraine à 4950 m. 
Après avoir récupéré, nous sommes rejoins par deux expéditions. La première est composée de deux français et d'une péruvienne : ils travaillent plus ou moins pour le compte du gouvernement et ont un palmarès montagnard conséquent.
La seconde, est composée de deux belges de nos âges qui tenteront le sommet le lendemain...
Après une soirée sympathique, nous allons nous coucher. 

23/07/2002

Enfin, après quatre nuits à presque 5000 mètres, nous redescendons, épuisés... Nous faisons une halte au refuge à 4665 m d’altitude : overdose de lyophilisés : nous buvons trois litres de coca et mangeons des spaghettis et des sandwichs
Nous décidons de redescendre directement à 3900 m pour pouvoir récupérer physiquement, mentalement le plus vite possible.


De plus, Gatien m'a rejoint dans mes maux de gorge, il faut redescendre.
Enfin arrivés à 3900 m, nous nous sentons revivre: de l'air, de l'herbe et des Hommes !!!
Vers 17h00, les belges nous rejoignent , on réussi à les convaincre de bivouaquer avec nous pour prendre ensemble dès le lendemain un collectivo.  

24/07/2002

Après quarante minutes d'attente , un collectivo nous ramène à Yungay, (sans nous arnaquer) puis un autre à Huaraz. 3h30 après notre départ, l'hôtel est réservé et nous allons manger les cheeseburgers tant attendus !


Le soir même, nous remettons ça avec nos amis belges qui nous ont rejoints... Ils partent demain pour un trek, peut être les recroiserons nous sur le Chopicalqui.
Au programme pour ces 3 jours pleins à Huaraz: manger (remanger), dormir et flâner. On se couche, morts de fatigue dans de vrais lits, avec un toit sur la tête et propres ! 
 

25/07/2002

Réveil agréable, sans humidité, sans gel et avec la télévision ! Première mission: réactualiser le site Internet !  Le reste de la journée est dédié au repos et aux cheeseburgers (Un euro le cheeseburger avec son assiette de vraies frites ! )...  Quatre assiettes chacun...

26/07/2002

Farniente encore au programme, balade au splendide et coloré marché de Huaraz.
Le soir nous rencontrons le guide, nous voulons lui parler d'un sujet qui nous inquiète... 14 morts en deux semaines au Huascaran, la montagne que nous avions prévue de gravir...
Nous lui faisons part de nos inquiétudes et nous nous accordons tous à dire que la montagne est beaucoup trop dangereuse cette année, nous ne voulons pas mettre en jeu notre vie sur une montagne qui ne cesse de " dégueuler " avalanches et blocs de glace... Le Huascaran, une autre année...
Le programme de remplacement fait tout aussi rêver : Nous partons dès demain six jours pour gravir l'Inshinca ( 5530 mètres ) et le Tocclaraju ( 6032 mètres ). Nous reviendrons une journée à Huaraz, puis nous repartirons quatre jours pour gravir le Chopicalqui ( 6354 mètres ). 
Nous dînons avec Marc le soir même dans une pizzeria tenue par un français.

27/07/2002

Au menu du petit déjeuner: trois turista s'il vous plait . Certainement le poulet (pollo) dans la pizza... Médicaments et coca sont les seules choses que l'on peut ingurgiter sans craindre un quelconque retour de flamme... 
Petite réunion à notre hôtel avec Magno et Marc vers 10h00 du matin, pour passer en revue le matériel technique. Derniers achats, nous rencontrons une dernière fois nos deux guides dans la soirée pour conclure des derniers détails... Rajoutons simplement que nous avons fait venir le médecin à l'hôtel, mais que son action, bien que dévouée, n'a rien pu faire face à nos médicaments français...
Nous partons donc demain vers 9h00 avec guide, mules et tout notre matériel...
Nous vous donnons rendez-vous dans une petite semaine...


28/07/2002
Départ pour Collon où nous attendent les mules et les arrieros. Notre chauffeur nous fait cependant faire un détour d'une trentaine de kilomètres, malgré nos remarques (il pensait à une blague...) 
La turista semble éradiquée mais nous nous sentons tous très faibles.  Nous arrivons à Collon au terme de 45 minutes d'une piste chaotique, point de départ de la quebrada ( vallée ) Inshinca. Quatre heures de marche avec plus ou moins de souffrance ( rien dans le ventre depuis 48 heures ) et nous arrivons au Base Camp à 4350 mètres. 




Il y a beaucoup de monde mais nous trouvons un espace à l'écart où nous montons le camp. 
Nous allons faire une découverte importante, celle de la cuisine de notre cuistot Racrachancra qui nous prépare des plats dignes des restaurants de la vallée. La poule ( vivante ) qu'il a montée de la vallée ne semble pas au mieux, elle semble souffrir....de l'altitude... 

 29/07/2002

Levé à 3 heures pour gravir l'Inshinca ( 5530 m). C'est une dure journée qui s' annonce (presque 1200 m de positif et autant de négatif ). Nous arrivons au lever du jour sur le glacier vers 4950 m, nous y rencontrons les français du Pisco (Nicolas et Barbara) et nous gravissons ce belvédère de 5530 m qui nous donne un bel aperçu sur la cordillère blanche. Le temps est superbe, l’ambiance est joviale.
Nous effectuons de plus la traversée, nous sommes montés par le face nord et nous redescendons par la voie sud. Le travail d'acclimatation effectué les jours précédents a porté ses fruits, nous ne souffrons pas beaucoup des méfaits de l'altitude. 


 



Nous redescendons au camp de base avec nos amis français. Gatien aura testé  " je tombe dans une crevasse remplie d'eau ", il s'en tire avec une jambe mouillée et une belle crise de rire. La descente s’effectue rapidement et dans la bonne humeur, les jours prochains semblent s’annoncer sous les meilleurs hospices… 


Après une belle journée de près de dix heures, le festin que nous a préparé Racrachancra nous permet de reprendre des forces. 

30/07/2002

Après une grasse matinée (lever 7 heures) nous nous préparons pour monter au camp 1 du Tocllaraju qui se trouve sur le glacier vers 5150 m. 
Malheureusement le temps ne semble pas nous faire de faveurs, il commence à neiger vers 4500 m puis c'est une véritable tempête de neige qui s'abat sur nous.  Nous mettons presque 3h30 pour atteindre le camp 1 à 5150 m et nous y montons la tente sous le déluge. Au camp 1, deux tentes: deux chiliens qui tenteront le sommet comme nous demain et une tente vide ( !? ). Apparemment ce sont des espagnols qui ont tenté le sommet aujourd’hui mais ils tardent à rentrer. 


Les belles éclaircies nous font espérer des conditions plus clémentes pour le lendemain. 
Les yeux resteront rivés sur le baromètre (et sur le toit intérieur de la tente sur lequel on entend sans discontinuer tomber la neige...). Après un repas hâtif dans la tente, nous nous couchons vers 19h00.

31/07/2002

Lever à 3h00, notre cuistot fait fondre de la neige depuis 1h45 ! Le temps est au beau, on voit les étoiles et le sommet que nous n'avons pas pu discerner la veille.
Nous partons vers 4h00 dans 15 à 20 centimètres de neige fraîche.
Les chiliens partis une heure avant nous ont fait la trace et nous montons lentement mais régulièrement dans la nuit, éclairés par la lune et la lumière de nos lampes frontales.
Le ciel est pastel, le ciel est nacré… 




Vers 5600 mètres, première difficulté technique, la rimaye à passer (grosse crevasse ). Nous sommes assurés par Magno et Marc, le passage est assez impressionnant mais il passe sans encombre.
Nous atteignons le col vers 5700 m alors que nous voyons descendre deux alpinistes. Ce sont les espagnols, pris dans la tempête hier alors qu'ils étaient au sommet, ils ne pouvaient plus redescendre... Ils ont donc passé la nuit dans une crevasse à près de  6000 mètres d'altitude !
Apres un brève conversation, nous reprenons le chemin du sommet . Nouvelle pause vers 6000 m pendant que Magno passe la dernière crevasse et monte en tête la dernière portion (60 m entre 50 et 60 degrés) avec 2000 m de vide dans notre dos. 
Nous croisons les chiliens qui redescendent du sommet. 


Une heure plus tard nous sommes au sommet du Tocllaraju ( 6034 m ). Le mauvais temps s'est cependant levé à 15 minutes du sommet, la visibilité est quasiment nulle, le vent fort et glacial. Nous restons 15 minutes au sommet en espérant que cela se découvre... Quelques timides éclaircies mais il faut redescendre.



Nous descendons en rappel chacun notre tour, les manœuvres de cordes et les relais nous prennent du temps, nous serons resté presque 2 heures entre 5900 m et 6034 m. Lors du dernier rappel, Frédéric chute dans la rimaye (1.50 mètre de large pour 10 mètres de profondeur). Que sa famille se rassure, pas de bobo...




La descente est longue, dans une poudreuse transformée par le soleil, nous arrivons vers 14h00 au camp 1, fatigués mais heureux d'avoir ce 6000 en poche (premier 6000 pour Frédéric et Gatien .)




Frédéric s'endort tout habillé dans la tente, pendant ce temps, nous discutons avec Marc et Magno; nous aimerions être dès demain à Huaraz pour avoir 2 jours complets de repos avant d'attaquer le Chopicalqui ( 6354 m ).
Initialement, nous devions dormir au camp 1, puis au camp de base. Nous proposons de descendre directement du camp 1 demain jusque Collon où nous attendra le bus pour rejoindre Huaraz. La décision est prise, Racrachancra et Marc redescendent le jour même au camp de base pour prévenir par radio les muletiers et notre chauffeur. 
Après un repas rapide, nous nous couchons peu après 18h00. 


01/08/2002

Après une mauvaise nuit (pour moi), nous nous levons vers 5h45, nous démontons le camp, Racrachancra nous a rejoint pour nous aider au portage et nous mettons à peine plus d'une heure pour rejoindre le camp de base à 4350 mètres.
Après un petit déjeuner frugal, nous nous mettons en route pour Collon ( 3350 m ) où nous attend le bus.
Sortie de nulle part, une petite fille nous regarde descendre à grandes enjambées.


Dans la descente nous rencontrons pour une énième fois Nicolas et Barbara qui redescendent (pénurie de vivres). Nous arrivons à Collon, nous partageons le bus avec nos amis français qui redescendent eux aussi dans la vallée. 
Enfin, nous serons dans une heure à Huaraz... 
... jusqu'à ce fameux pont... 
... En effet, sur la piste qui mène à la vallée, des ouvriers construisent (est-ce le mot ?) un pont avec des pierres, des rondins de bois et de la terre. Magno descend pour les presser un peu, puis 15 minutes après le pont est prêt ( ? )
Par soucis de sécurité, on nous demande de descendre du bus et de passer le pont à pied.
Le bus avance doucement, une planche vole, et le bus s'affaisse de 30 cm... Le pont n'est pas solide !  De plus, un autre bus arrive en face et nous informe que l'on ne peut plus passer plus bas, deux autres ponts sont en réfection. Un demi tour hasardeux plus tard, nous voici de retour à Collon . 
Nous passerons par une autre vallée.  Nous devions mettre une heure pour rejoindre Huaraz, nous avons mis trois heures, en passant par des pistes que l'on hésiterait à prendre en VTT, dans des vallées reculées où le temps semble s'être arrêté.


Petite frayeur tout de même lorsque nous croisons une fête de village où les habitants quelque peu imbibés nous menacent avec des tessons de bouteilles...
Après toutes ces émotions, la soirée se finit à la crêperie " Chez Patrick " avec Marc.
 
02/08/2002

Après un réveil tardif, l'habituelle " mission Internet " ... Nous déjeunons à 12h30 avec nos amis français et Marc. 

03/08/2002

Nous faisons un point matériel avec Marc et Magno vers 10h00.  Le reste de la journée est consacré au repos et à la préparation du matériel pour le lendemain.
Nous avons une petite visite à l'hôtel de nos amis belges qui reviennent du Chopicalqui, avec une petite gelure de l'orteil, sans gravité. Nous partons demain à 7h30 pour quatre jours pour tenter l'ascension du Chopicalqui ( 6354 m ), des nouvelles dans quatre jours environ... 

04/08/2002

Nous partons comme prévu en mini bus pour le Chopicalqui.
Après 2h30 de piste, le mini bus nous dépose dans un virage vers 4150 m, virage duquel part un petit chemin qui doit nous mener au camp de base puis camp moraine du Chopicalqui. Le camp de base (4300 m) n'est qu'à 30 minutes de la piste, nous irons donc dormir au camp moraine (4900 m).


Au camp de base, nous croisons une expédition coréenne qui comporte une vingtaine de membres. Cette expédition est suréquipée; radio, camps permanents, banderoles... c'est déroutant de professionnalisme. Les coréens restent 11 jours sur la montagne, nous n'en passerons que quatre....  Nous dépassons donc le camp de base pour traverser la moraine qui doit nous mener quatre heures plus tard au camp moraine. Alors que nous traversons la moraine, nous apercevons une énorme avalanche qui dévale du Huascaran, dans un fracas étourdissant... Nous en apercevrons (et filmerons) encore quatre.  Sans danger objectif pour nous (nous étions absolument hors de portée), cela est néanmoins particulièrement impressionnant.
Nous arrivons au camp moraine où sont installés bien sûr quelques coréens, et nous montons le camp dans un décors de rêve... 
Nous avons vue sur tout le nord de la cordillère blanche ( Huandoy, Pisco, Chacraraju, Alpamayo... ) 



05/08/2002

Réveil tardif au camp moraine, aujourd’hui, nous devons monter au camp 2 qui se trouve vers 5200 m. L'étape ne doit pas être très longue, au plus trois heures...  Nous prenons pied sur le glacier vers 5000 m ou nous croisons des expéditions qui redescendent, tous n'ont pas fait le sommet... Le camp initial vers 5200 m est malheureusement indisponible (chute de séracs ), nous montons finalement, laborieusement plus haut, vers 5500 (on s'apercevra plus tard avec le GPS que nous sommes finalement a plus de 5600 m).




Des coréens , bien sûr et des allemands occupent l'endroit.
Nous montons le camp dans le vent et un froid glacial et nous rentrons dans la tente: il est 15h00 et commencent les longues heures d'attente, les heures pendant lesquelles personne n'est très bien, pendant lesquelles il faut boire et manger, bien que ce soit difficile, les heures pendant lesquelles il ne faut pas dormir, sous peine de nuit blanche... 
Gatien va à peu près bien, Frédéric "plane" un peu, moi ça ne va pas trop mal...
Nous sommes cependant gratifiés d'un splendide couché de soleil, mon plus beau en tous cas… 
Après s'être forcés à manger, nous nous couchons pour une nuit froide et entrecoupée de réveils. 

06/08/2002

Lever 2h30, je suis réveillé depuis 2h00 par le réchaud à essence qui brûle dans le froid glacial de la nuit... Frédéric va beaucoup mieux, Gatien a  mal au genoux, c'est peu encourageant...
 Nous nous levons tant bien que mal, avalons une tasse de thé et nous partons vers 3h30 sur cette montagne que seules nos lampes frontales éclairent.  Nous partons les derniers, devant nous, une dizaine de coréens et les allemands. Nous distinguons au loin les frontales... Nous partons assez vite, au bout de 45 minutes, nous doublons les coréens, au bout d'1h30, nous sommes seuls devant. 
Le vent se lève avec le jour, il fait glacial !! 
Nous arrivons nous aussi avec le jour en haut d'une grande pente de neige à 55-60 degrés, nous sommes frigorifiés, la température doit avoisiner les -20 degrés. Nous sommes vers 6100 m. Nous passons sous une barrière de séracs et la Gatien qui est 20 m devant moi veut faire demi tour, ça ne va pas, sa tête ne répond plus, l'altitude l'empêche d'aller plus loin. 




Après 10 minutes de réflexion, Marc et Gatien font demi-tour, c'est la règle en montagne malheureusement!
Nous continuons donc Frédéric et moi, avec Magno, il nous reste environ 200 m...
Ceux qui connaissent l'arrête des bosses au Mont Blanc, sauront ce que nous avons vécu: des montées et des descentes sans jamais voir le sommet, puis, comme dans un rêve, une montée et plus rien au dessus: le sommet et une vue vertigineuse sur la cordillère blanche ! C'est époustouflant ! Nous sommes au sommet du Chopicalqui ( 6354 m ). Nous avons mis 1h10 depuis que nous avons quitté Gatien.
Le vent est extrêmement fort et froid, il fait environ -30 degrés.


Je dois changer la pellicule de l'appareil photo, filmer, j'enlève mes gants 3 minutes, c'est l’enfer ! Nous ne restons guère plus de 10 minutes au sommet, pressés de retrouver de la chaleur, de l'air et de manger un peu (nous n' avons rien mangé depuis la veille).
A la descente nous croisons à une heure du sommet les allemands, suivis des coréens.
Les allemands ont équipé de cordes fixes les passages délicats, ils ont perdu beaucoup de temps. C'est un peu l'embouteillage vers 6200 m mais qu'importe, nous avons eu un temps splendide et le sommet pour nous trois. 



Nous redescendons fatigués au camp 2 à 5600 m, nous mangeons et buvons, démontons le camp et décidons de redescendre dès le jour même au camp de base à 4300 m. Cela fait une grosse journée mais plus on descendra, mieux nous dormirons, plus nous aurons chaud, plus vite nous récupérerons. Nous arriverons vers 16h00 au camp de base (partis à 3h30 le matin pour le sommet). 


Nous sommes très fatigués, mais heureux d'être dès le lendemain à Huaraz.
Gatien à un pouce de la main gelé superficiellement et moi 4 doigts de la main droite qui ont perdu toute sensibilité. 
Racra nous prépare un festin, comme d'habitude. Vers 20h00, nous voyons des lampes frontales 100 m au dessus et d'autres très loin sur la moraine. Les premières sont celles des allemands qui redescendent de nuit ( !!?? ), les secondes, très éloignées ( à 2 heures ) sont celles des coréens qui redescendent un de leur compatriote qui a fait un œdème pulmonaire au camp 2. Le médecin allemand lui a laissé 2 heures à vivre s'il ne redescendait pas immédiatement. 
Porté par ses amis, ils le redescendent en pleine nuit, il arriveront bien après 22h00, le coréen est sain et sauf. 

08/08/2002

L'étape qui nous attend aujourd’hui est longue de 20 minutes ( ! ). En effet nous avons à rejoindre la piste à 4150 m où  vient nous chercher le minibus à 11h00.
10h55 arrive le gardien du refuge du Pisco qui arrive du sommet, il a fait un temps record ! Il nous informe que très peu ont fait le sommet, le temps était mauvais, ils se sont perdus dans le brouillard... (quelle chance nous avons eue !) Branché à l'heure péruvienne, il arrive à 12h00.  Après s'être fait traité de " Huevon" (couillon), nous mettrons 2h30 pour rejoindre Huaraz.
Nous en avons fini avec la montagne, nous sommes fatigués mais les images que nous gardons sont fantastiques.
Le soir, nous invitons Magno et Marc chez Patrick et nous prenons rendez-vous avec la belle sœur de Magno qui fait des massages, pour le lendemain.

09/08/2002

Après un réveil difficile, 45 minutes de massage réparateur. Pour bien continuer cette journée, nous allons aux thermes de Montherey... On ne s'attendait pas à cela,  on s'est retrouvé à trois dans une baignoire...
Le soir nous rencontrons deux français à la casa de guias ( maison des guides ) qui veulent faire le Pisco, nous irons manger avec eux pour leur donner quelques conseils.

10/08/2002

Rendez-vous à 9 heures à la casa des guias avec Marc pour 3-4 heures de vtt.
Nous louons des vtt très corrects et nous dirigeons vers Pitec.


Nous montons jusqu'à quasiment 4000 m (partis de Huaraz 3100 m) puis redescendons à toute vitesse en traversant des villages où l'espagnol n'est même pas parlé ( Quechua ).



10/08/2002

Il nous reste deux jours à Huaraz pour flâner, acheter des souvenirs et préparer notre retour.
Nous n'aurons désormais plus accès à Internet, nous partons en bus le 12 de Huaraz, pour Lima, le 13 décolle l’avion, nous attendrons le 14 pour arriver en France...


 11-13/08/2002

 Lima puis retour en France avec quelques kilos de moins...




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