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samedi 21 avril 2018

City-trip à Bakou, Azerbaïdjan

Six jours, quatre jours pleins sur place, des jambes affûtées pour découvrir à pied Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan (et ses environs) et des enfants (les nôtres) s'épanouissant pleinement chez leurs grands-parents ...

16/04/2018

L'avion décolle à 14h00. Nous n'en sommes pas là. Il nous faut finaliser les bagages, laisser les enfants chez les grands-parents et s'assurer qu'ils intègrent la liste de recommandations, rejoindre l’aéroport Roissy Charles De Gaulle, plus précisément le parking où nous laissons la voiture.
Arrivés au dit-parking, nous devons attendre devant un portail fermé à double tour que quelqu'un daigne nous ouvrir, interpeller sans succès des employés débordés par des voyageurs pressés et énervés, garer la voiture sur une place non-désignée (faute de consigne), laisser les clés ainsi qu'un chèque sans savoir comment l'employé retrouvera la clé et la voiture tellement son bureau est encombré. Il nous faut également attendre que le moteur de la navette, dans un état de délabrement avancé, tourne dans le vide pendant une dizaine de minutes (aux dires du chauffeur c'est la clé d'un transfert réussi), enfin rejoindre l'aéroport et le comptoir d'enregistrement.

Le voyage va pouvoir commencer mais il vous faut encore attendre quelques lignes, car pour cause de surbooking, la compagnie veut nous rediriger vers un autre vol qui nous ferait arriver plus tard à Bakou, ce que nous refusons avec insistance. Évidemment, le chef d'embarquement insiste lui aussi et nous devons attendre que tous les passagers s'enregistrent pour savoir s'il reste deux places dans cet avion.

A 13h35, nous sommes enfin enregistrés, l'avion décolle 25 minutes plus tard mais entre temps, il nous reste à passer les contrôles de sécurité et de passeport. Vous vous en doutez, l'attente est importante, et, c'est les yeux rivés sur les minutes qui défilent et au pas de course que nous accomplissons avec succès toutes les formalités.

Le voyage va pouvoir commencer, bienvenue sur ce carnet intitulé « City-trip à Baku ».

Nous avons les sièges 31 E et F, autant dire, les places au fond de l'avion, en d'autres mots, nous avons eu les toutes dernières places du vol.

Trois heures de vol (alcoolisées pour nos voisins directs et indirects, donc pour une bonne partie des passagers...) jusqu'à Kiev, escale nocturne, trois heures de vol jusqu'à Bakou.

Il est 1h30 du matin quand l'avion atterrit. Nous passons rapidement les formalités (visa en ligne préalable), et, comme nous n'avons pas de bagage en soute, nous sautons dans le taxi qui nous mène à l'hôtel réservé dans la vieille ville.


Bakou accueille le dernier week-end d'avril le grand prix de Formule 1. La ville se prépare et des centaines de barrières bordent les routes.

Le chauffeur laisse sa voiture aux portes de la vieille ville. Nous marchons quelques minutes avant de pouvoir nous écrouler de fatigue dans un lit douillet...

 
17/04/2018

Le réveil sonne, nous voulons profiter de cette journée. La salle où nous prenons le petit déjeuner est située au 5ème étage du vieux bâtiment. Elle est pourvue de larges baies vitrées qui offrent une vue panoramique sur Bakou, notamment sur les Flame Towers (inaugurées en 2013, 190 m), symbole de la ville, du pays et de l'immense manne financière tirée des revenus du gaz et du pétrole.



Marche le nez au vent dans les ruelles labyrinthiques de la vieille ville protégée par l'Unesco. Très entretenus, les bâtiments possèdent des balcons imposants en bois dont on doute parfois de la solidité.















Direction le Boulevard (corniche le long de la Mer Caspienne) et le musée National du tapis. Au passage, il faut bien reconnaître que les souterrains piétons en Azerbaïdjan, faits de marbre rutilant, sont bien différents de nos sordides tunnels crasseux.
Autant le dire, nous ne sommes ni tapis, ni musées. Le bâtiment est pourtant une merveille architecturale, il n'y a pas plus bel endroit pour présenter des tapis (auxquels, il faut l'avouer, nous ne comprenons rien).





































Déjeuner et sieste.

Dans l'après-midi, nous naviguons à vue, avec en ligne de mire les Flame Towers. Je souhaite atteindre le pied de l'une d'entre elles.

L'escalier est monumental et nous mène en haut d'un belvédère panoramique. Le vent est violent, glacial.














Redescendus, nous hélons un taxi qui nous dépose devant le Heydar Aliyev Center (Heydar Aliyev fut le président de l'Azerbaïdjan entre 1993 et 2003, remplacé par son fils Ilham Alieyev) , un bâtiment superbement moderne, dessiné par Zaha Hadid.

15 minutes dans le taxi et quelques remarques: rares sont les azéris rencontrés qui parlent quelques mots d'anglais, inexistants sont les touristes occidentaux, omniprésente est la police dans l'espace public et nombreuses sont les voitures de grand luxe conduites par de jeunes azéris (Les riches, les très riches ont la trentaine).

Revenons au Heydar Aliyev Center. Visiblement, outre qu'il présente une exposition photographique de Reza Deghati, c'est le lieu choisi par les mariés pour faire les photos qui resteront (peut-être) dans la postérité. Les couples se bécotent, les flash crépitent et moi, j'attends depuis 30 minutes que l'un des photographes me rende mon 70-200 qu'il a visiblement trouvé plus adéquat pour photographier les deux tourtereaux. 














Nous décidons de rentrer à pied jusqu'à la vieille ville. Quelques kilomètres loin du Bakou moderne et rutilant, une marche au coucher du soleil sur des trottoirs défoncés sur la route des carreleurs, des accessoiristes de salle de bain et des quincailleries en tout genre.

La gare, gauche, droite, gauche, droite, nous nous attablons affamés et épuisés. Les rues piétonnes grouillent, les restaurants sont pleins.






18/04/2018

Lever tardif.

Nous partons à pied jusqu'au Taza bazar.





Comme en Iran (voisine) ou en Turquie, les marchés sont appelés « bazars ».
 
Un bazar donc qui ne doit pas croiser souvent le touriste. Un bazar où l'on vend de tout mais surtout des légumes en bocaux et du caviar. Notez que si vous voulez vous doucher avec une paume Mercedes, c'est ici que vous la trouverez.

C'est sur de larges tables que la découpe des esturgeons se fait, les restes profitent aux chats coutumiers des lieux.

Un vrai lieu de vie, hors du temps.


















  

Un parc, et comme souvent en Europe de l'Est et en Asie Centrale, des vieux bonshommes qui jouent aux dominos et autres jeux sur des bancs ou des tables de fortune.








Le problème, avec ce fichu grand prix de Formule 1, c'est que l'on ne peut pas traverser les routes où l'on veut. Elles sont bordées de plots en béton et de hautes grilles en métal. Compte-tenu de la largeur de la chaussée (souvent 4 voies), de la qualité du revêtement, et de la puissance de leurs bolides, nos amis azéris ont tendance à piloter comme sur un circuit. Peut-être faudrait-il toujours avoir sur soi un drapeau jaune pour faire ralentir le trafic avant de traverser.
Le problème se pose moins lorsque c'est une Lada à bout de souffle qui surgit (raisonnablement) à l'horizon.


Nous rejoignons le Palais des Shahs Shirvan (13ème au 15ème siècle) situé dans la vieille ville. Le palais est composé de plusieurs bâtiments dont le principal est pourvu de 25 pièces. Chacune d'elles présente des objets ou informe le visiteur sur le passé plus ou moins récent du lieu et de Bakou plus généralement.







Déambulation dans la vieille ville puis repos.




Pour dîner, nous nous rendons dans un caravansérail investi par un restaurant. L'endroit est splendide mais désert, la musique agréable mais payante, la carte fournie mais incompréhensible. Assis, les menus en main, nous finissons par nous enfuir discrètement avant de nous retrouver dans un restaurant accueillant, bruissant de rires et de conversations enflammées, avec soupe de lentilles et pain fumant.
Les odeurs de viande grillée et de shihas s'entremêlent.

C'est étonnant ce pays : initialement musulman de langue arabe, puis soviétique avec alphabet cyrillique. Enfin à nouveau musulman, une nation azérie est constituée, dotée d'un alphabet romain customisé. Dans la rue, les « Salam » se disent bonjour.

Entre l'Europe, le Moyen Orient et l'Asie...

Cette géographie et cette géopolitique se retrouvent jusque dans l'assiette. En effet, comme chez les arabes, on met des plats au centre de la table et on partage. Le pain fumant et la soupe de lentilles me rappellent la gastronomie yéménite, les kebabs et autres döners nous ramènent en Turquie, le tout étant arrosé par une pinte de bière ou un verre de vin locaux dans des restaurants modernes au cadre résolument occidental sur fond de musiques aux sonorités arabisantes. Étonnant et renversant.



19/04/2018

Une fois n'est pas coutume, par souci de gain de temps, nous faisons appel à un tour organisé pour visiter quelques curiosités aux alentours de Bakou.

Nous sommes onze, accompagnés par un guide formidable dont j'ai oublié le nom. Ils sont pakistanais, canadiens ou australiens, tous ont déjà pas mal roulé leur bosse pour se retrouver en Azerbaïdjan.

Première étape : Gobustan, site de gravures rupestres, situé à 70 km au sud de Bakou. A peine entrés dans le bus, notre guide se met à parler, à nous montrer, à nous expliquer, à nous questionner, à nous donner son avis. Une langue bien pendue, un débit de mitraillette, des connaissances encyclopédiques et une formidable envie de transmettre. Seulement, le rythme est parfois difficile à suivre.



Nous quittons le centre-ville de Bakou. Les voitures de luxe, les boutiques haut de gamme et les immeubles de style disparaissent. Les premiers puits de pétrole, les villes sordides et poussiéreuses et les barres d'immeubles constituent désormais notre environnement. J'aime beaucoup ces ambiances austères et far-west.






Nous passons devant les fondations de la « Caspian Tower », la tour qui devrait-être la plus haute du monde (1200 mètres) mais dont la construction est en stand-by en attendant la hausse du cour du baril de pétrole.

Gobustan est donc un site patrimoine mondial de l'Unesco. Les premières gravures rupestres datent de l'âge de pierre. Elles représentent tantôt un cheval, des Hommes ou un bateau. Elles me rappellent celles que j'avais observées à Al Jassasiya au Qatar.












Nous reprenons la route vers le sud, la quittons et empruntons une piste chaotique qui serpente entre les montagnes. Les pipelines qui sillonnent le paysage sont de deux couleurs : les blancs transportent l'eau et les jaunes convoient le gaz. Ceux attribués au pétrole sont enterrés.

Au sol, dans les touffes herbeuses, le pétrole remonte naturellement des sous-sols et crée des tâches à la surface ou de petits étangs noirâtres.




Nous parvenons en haut d'une colline recouverte de petits volcans. Rien ne les indique. Les plus grands ne font que quelques mètres. Dans leur cratère, de la boue en ébullition. Le méthane contenu dans les profondeurs du sol remonte et fait déborder et parfois cracher ces volcans étonnants.
C'est incroyable que ce lieu ne soit ni indiqué, ni aménagé. Dans 10 ans, il faudra très certainement s’acquitter d'un droit d'entrée et l'on pourra y acheter de quoi boire et manger...
















Nous reprenons la route du nord, passons Bakou et rejoignons à une trentaine de kilomètres au nord, le Temple du Feu situé dans la péninsule d'Absheron.





Notre guide a un petit coup de mou, nous pouvons enfin souffler. D'autant plus que nous sommes assis juste à côté de lui, et que lorsqu'il parle, il nous fixe. Pas d'échappatoire , il nous faut rester concentrés sur son anglais accentué d'azéri, couvert par le moteur du fourgon qui pétarade. Parfois, je l'avoue, un « yes » m'échappe sans avoir compris un mot de son monologue.
Bref, je crois qu'il s'est endormi...

Je me laisse tenter par un plov (plat national à base de riz mais aussi répandu en Asie centrale). Celui-ci, excellent, est composé de riz, de viande, de marrons, d'abricots et de raisins secs.

Revenons à ce temple du Feu...

Il s'agit en fait d'un temple zoroastrien dont les premières traces sont antérieures à notre ère. A moins d'être passionné par les zoroastriens, le temple, transformé en musée est prétexte à une jolie promenade, sans plus...




Nous passons ensuite à la montagne de feu. Il s'agit d'un feu perpétuel, allumé il y a 50 ans par inadvertance (source de gaz naturel), qui depuis, ne s'est jamais éteint...






Nous retournons au Heydar Aliyev Center, je ne peux m'empêcher de refaire des photos, me tenant à bonne distance des photographes de mariage...










Immenses embouteillages, nous demandons au chauffeur de nous laisser sur le bord de la route. Il est 19h00, nous rentrons à pied.

20/04/2018

Nous nous engageons dans une rame bondée du métro. L’objectif est de rejoindre la mosquée Heydar Aliyev (encore lui) inaugurée en 2014 et située à une dizaine de kilomètres au nord du centre ville.
Deux stations, nous descendons, changeons de voie, montons dans le métro et nous nous retrouvons à notre point de départ.
Même joueur joue encore ! Le plan du métro que j'ai téléchargé sur mon smartphone est obsolète.
Plus attentifs et comptant sur l'aide des passagers, nous parvenons à prendre la bonne ligne, elle aussi bondée.
Six stations et 10 minutes de marche nous mènent à cette magnifique mosquée du nom de l'ex leader.
 



L'édifice couvre 4200 mètres carrés et ses quatre minarets s'élancent fièrement du haut de leurs 95 mètres.
Je vais voir un policier pour savoir si nous pouvons la visiter.
Avec une clé minuscule qui contraste avec l'immense porte, il nous ouvre l'édifice. Déchaussés (et voilée pour Anne-Gaëlle), nous foulons l'épaisse moquette accompagnés de deux jeunes femmes, l'une professeure de biologie, l'autre d'anglais. Cette dernière, parlant un anglais catastrophique s'excuse de ne pas bien parler...anglais.
Elles n'ont de cesse de nous complimenter et de nous remercier d'être venus en Azerbaïdjan. Enfin, comme toute jeune femme moderne qui se respecte, elles nous demandent de nous suivre sur nos comptes Instagram et Facebook que nous n'avons pas. « You don't have Facebook ? » Visiblement, c'est inenvisageable... Enfin, on ne va pas s'excuser...










Nous prenons un taxi vers la place des Fontaines, buvons un café, faisons quelques courses. Je monte au sommet de la Tour de la Vierge, l'autre monument emblématique de la ville. Il s'agit d'une tour dont la construction serait antérieure au 12ème siècle. Du sommet (30 m), le visiteur jouit d'une vue à 360° sur Bakou. L'escalier en pierre est aussi beau que dangereux...






Nos derniers milliers de pas dans la veille ville, nous rentrons nous mettre au calme à l'hôtel. Dernier repas sur la place des Fontaines, dernière Efes, nous décollons ce soir.














21/04/2018

Notre avion décolle à 04h20. Nous avons commandé un taxi à 01h30. À 0h30, il est là, prétextant qu'il y a du trafic sur la route et que nous risquons de manquer notre avion. Visiblement, il ne voulait pas se coucher trop tard... Je n'ai pas dormi, ne le faisons patienter jusqu'à 01h15.

Personne sur la route, le chauffeur nous lache à l'aéroport Heydar Aliyev, inauguré en 2014 pour les jeux européens. L'édifice est superbe.

Escale à Kiev (plus sommaire).

Arrivée à Paris, navette, voiture, arrivée chez nous après 16 heures de voyage porte à porte...

4 commentaires:

  1. Un voyage étonnant, des images surprenantes! Les photos montrent de façon formidable les contrastes et les influences culturelles mêlées, la tradition et la modernité;
    Merci de nous avoir fait découvrir ce pays méconnu.

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  2. Très belles photos et le récit super intéressant ! Etonnant, car rien à voir avec l'Arménie, pays voisin, mais avec quelques similitudes, notamment sur les cultures arabes, occidentales et soviétiques qui se mélangent. Ca donne envie d'y aller avant que des baraques à frites s'installent à côté des volcans de boue ;)
    Clara & Julien

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